Environnement : changeons nos comportements numériques

Posté le 27/04/2018
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Chronique de Sylvain Cazard, Vice-Président VMware France

Leur exploitation excessive a des conséquences désastreuses sur le climat et sur notre santé. Les entreprises ont leur part de responsabilité tout autant que les consommateurs. L’usage engendre la consommation. L’économie numérique nous donne l’illusion d’un monde virtuel. C’est vite oublier les nombreux centres informatiques qui sous-tendent son existence et qui consomment d’énorme quantité d’électricité. Beaucoup d’efforts ont été accomplis pour obtenir un « green IT » mais encore faut-il que le « consommateur numérique » adapte son comportement.

Les apparences sont souvent trompeuses

La simplicité du monde numérique et de ses applications nous donne l’impression de disposer de ressources immatérielles infinies. Avec la sophistication des smartphones nous nous sommes tous découverts des âmes de photographe et de cinéaste. On collectionne des quantités de photos et de vidéos que l’on stocke dans le cloud et que l’on partage sur les réseaux sociaux. On oublie que ces gestes apparemment anodins mettent en branle des équipements informatiques hébergés dans des datacenters à différents endroits de la planète. Serveurs, réseaux, stockage sont systématiquement mis à contribution. Une simple recherche Google émet 7 grammes de CO2, une photo publiée sur son mur Facebook équivaut à 3 ampoules de 20 watts allumées pendant une heure et le simple ajout d’un destinataire dans un email correspond à l’émission de 6g de CO2. Les fameuses monnaies virtuelles dont on parle tant aujourd’hui ont des impacts bien réels. Les processus complexes de validation de ces crypto-monnaies mettent en jeu une multitude de serveurs. En 2017 le bitcoin aurait consommé 57 TWh d’électricité soit l’équivalent de la consommation de l’Algérie selon le Bitcoin Energy Consumption Index .

Le numérique ne dispense pas d’être vertueux

La consommation électrique des centres informatiques augmente de 20% par an depuis 5 ans et représente près de 7% de la consommation globale selon Greenpeace. Ils sont responsables d’environ 2% des effets de serre (quasiment autant que le trafic aérien). La croissance du trafic internet est telle qu’elle impose à tous les acteurs du numérique des programmes de développement durable volontaristes. Les efforts sont heureusement sensibles et tous les grands acteurs réduisent leur empreinte carbone de manière drastique avec en ligne de mire l’utilisation d’une énergie 100% renouvelable. L’étude de Greenpeace « clicking clean : who is winning the race to build a green internet » analyse en détail le comportement et les mesures prises par les grands utilisateurs de datacenters. Ces technologies de virtualisation ont permis à nos clients d’économiser 76 millions de tonnes de CO2 en 2016. Des outils permettent aussi de mesurer et aider à réduire leur empreinte carbone. C’est aussi l’occasion de travailler directement sur les problématiques de certification et de mise en place de meilleures pratiques « Green ». Ce souci de l’optimisation énergétique se reflète dans la conception de nos produits. Nous avons ainsi apporté une fonction dans notre solution de virtualisation vSphere qui autorise l’arrêt électrique des serveurs non utilisés. L’espace de travail numérique que nous proposons (Workspace ONE ) permet l’utilisation de ‘terminaux’ moins énergivores et plus mobiles (tablettes, notebooks, etc.). L’utilisation d’énergie propre est également essentielle, et dans l’entreprise pour laquelle je travaille en 2016, 72% de notre consommation électrique provenait d’énergies renouvelables, avec un objectif de 100% en 2020.

Changeons nos habitudes dans la consommation du numérique

La taille et le nombre des datacenters sont le reflet de l’utilisation intensive du numérique par chacun d’entre nous. Les comportements des utilisateurs et des consommateurs doivent devenir plus vertueux, avec une attention particulière au stockage raisonné de données et des outils de partage d’informations pour limiter les envois massifs de documents. L’économie de partage est une bonne illustration de modes de consommation plus vertueux. Le principe du cloud est assez voisin de la philosophie du covoiturage. On partage les ressources et on les utilise seulement quand on en a besoin. On apprend à nettoyer notre univers numérique et à supprimer ce qui ne sert plus.

Faire preuve d’exemplarité est essentiel, dans ce domaine les efforts seront toujours perfectibles. La direction doit démontrer sa détermination, partager sa conviction avec l’ensemble des employés et encourager les initiatives personnelles. Notre programme de développement durable « Force for Good » a également l’objectif de reconnaitre et d’encourager les actions de nos collaborateurs dans ce domaine car la technologie n’a de sens qu’au regard de ce capital humain.


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